Antananarivo, 11 octobre 2025
À Madagascar, la contestation contre la vie chère et la mauvaise gouvernance a pris une tournure dramatique ce samedi. Après plusieurs semaines de manifestations massives, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a semé la panique dans les cercles du pouvoir : un groupe de militaires y appelle ouvertement à la désobéissance et demande à leurs collègues de ne pas tirer sur les manifestants.
Ces militaires affirment ne plus pouvoir obéir aux ordres du président Andry Rajoelina, accusé d’avoir perdu le contrôle de la situation. Dans la vidéo, ils déclarent vouloir « se ranger du côté du peuple », une phrase qui résonne fortement dans un pays marqué par une longue histoire de crises politiques et de coups d’État.
Quelques heures plus tard, sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), le colonel Mickaël Randrianirina est apparu comme le visage de cette fronde militaire. Il a lancé un appel solennel au président Rajoelina pour qu’il quitte le pouvoir, affirmant que « l’armée ne doit pas être utilisée contre le peuple ».
Depuis le début des manifestations, le 25 septembre, la répression a fait au moins 22 morts et des dizaines de blessés, selon des sources locales. Les rues d’Antananarivo et de plusieurs grandes villes restent le théâtre de heurts violents entre forces de sécurité et manifestants en colère. Les revendications se sont élargies : au-delà du coût de la vie, les protestataires dénoncent la corruption, les coupures d’électricité, le manque d’eau potable et la dégradation des services publics.
Dans la capitale, l’atmosphère est électrique. Les commerces ferment plus tôt, les transports se raréfient et les habitants craignent que le pays bascule dans un nouveau cycle d’instabilité. Des rumeurs insistantes évoquent un coup d’État en préparation, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore émergé.
Le gouvernement, jusqu’ici silencieux, tente de contenir la situation tout en appelant au calme. Mais la confiance est rompue entre les autorités et une partie de la population.
Alors que la communauté internationale observe la situation avec inquiétude, Madagascar se retrouve une fois de plus à la croisée des chemins — entre la recherche d’un apaisement politique et le spectre d’une nouvelle crise militaire.



























