Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, s’emparent de Walikale, accentuant la crise dans l’est de la RDC
Par Ahmed Barry, correspondant à Kinshasa
Le mercredi 19 mars 2025, les rebelles du M23, appuyés par le Rwanda, ont pris le contrôle de la ville stratégique de Walikale, située à environ 125 kilomètres au nord-ouest de Goma, la plus grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Des habitants de Walikale ont rapporté des échanges de tirs intenses dans le quartier de Nyabangi, alors que les rebelles affrontaient les forces armées de la RDC (FARDC) et des milices pro-gouvernementales. Selon une source militaire anonyme, les rebelles ont surpris les forces loyalistes en attaquant une position de l’armée à l’extérieur de la ville, déclenchant des combats violents.
Walikale est une localité riche en ressources minières, notamment en étain, et sa prise représente l’avancée la plus occidentale du M23 cette année. La ville, qui compte environ 15 000 habitants, est située à 125 kilomètres au nord-ouest de Goma, que les rebelles avaient déjà capturée en janvier, et à 400 kilomètres de Kisangani, la quatrième plus grande ville du pays.
Cette avancée a perturbé les opérations de la mine d’étain de Bisie, exploitée par Alphamin Resources, située à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Walikale. Les pays voisins et les puissances internationales intensifient leurs efforts diplomatiques pour mettre fin à ce conflit, le plus grave dans l’est du Congo depuis la guerre de 1998-2003.
Mardi, lors de discussions au Qatar, les présidents de la RDC, Félix Tshisekedi, et du Rwanda, Paul Kagame, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Cependant, les négociations directes prévues entre le gouvernement congolais et le M23 en Angola ont été annulées après le retrait du M23, qui a invoqué les sanctions de l’Union européenne contre ses dirigeants et des responsables rwandais.
Malgré les démentis du Rwanda concernant son soutien aux rebelles, les Nations unies l’accusent de fournir des armes et des troupes au M23. La situation humanitaire se détériore rapidement, avec des milliers de personnes déplacées et des violations des droits de l’homme signalées dans les zones touchées par le conflit.
La communauté internationale appelle à une désescalade immédiate et à la reprise des pourparlers de paix pour éviter une aggravation de la crise dans la région des Grands Lacs.