Fatima Ameaka libérée après son arrestation par l’ICE
Fatima Ameaka libérée après son arrestation par l’ICE
La chercheuse camerounaise Fatima Ameaka, employée de la prestigieuse université américaine Johns Hopkins, a été libérée après plusieurs jours de détention par les services américains de l’immigration. Son arrestation dans un aéroport du Maryland avait provoqué une vive inquiétude au sein de la communauté universitaire et parmi les défenseurs des droits des migrants.
Fatima Ameaka avait été interpellée le mardi 28 juillet 2026 par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement, plus connue sous le sigle ICE, à l’aéroport international Baltimore-Washington Thurgood Marshall. Elle s’apprêtait à embarquer sur un vol intérieur dans le cadre d’un voyage personnel. Son avocat a confirmé sa libération tard dans la soirée du vendredi 31 juillet.
Fatima Ameaka avait été interpellée le mardi 28 juillet 2026 par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement, plus connue sous le sigle ICE, à l’aéroport international Baltimore-Washington Thurgood Marshall. Elle s’apprêtait à embarquer sur un vol intérieur dans le cadre d’un voyage personnel. Son avocat a confirmé sa libération tard dans la soirée du vendredi 31 juillet.
Transférée dans plusieurs centres de détention.
Après son arrestation, la chercheuse aurait été transférée dans plusieurs installations de l’ICE situées notamment en Virginie, en Louisiane et au Texas. Ses proches et ses collègues s’étaient inquiétés de ne pas pouvoir communiquer normalement avec elle et de son accès à certains médicaments nécessaires au traitement d’un problème de santé chronique.
Le département américain de la Sécurité intérieure, ou DHS, affirme que Fatima Ameaka serait restée sur le territoire américain après l’expiration de son visa, fixée selon les autorités au 13 juin 2024. L’administration américaine estimait donc qu’elle se trouvait en situation irrégulière et qu’elle devait faire l’objet d’une procédure d’expulsion.
Cette version est cependant contestée par son avocat, Benjamin Osorio. Celui-ci affirme que les documents utilisés pour justifier l’arrestation contiendraient des informations inexactes concernant les conditions d’entrée de sa cliente aux États-Unis et sa situation administrative actuelle.
Une autorisation de travail valable jusqu’en 2029
D’après des documents consultés par ABC News, Fatima Ameaka possède une autorisation de travail valable jusqu’en 2029. Elle aurait également déposé une demande d’asile qui reste en cours d’examen.
Son avocat explique qu’elle était entrée légalement aux États-Unis en juin 2023 grâce à un visa lié au programme Fulbright. Elle aurait ensuite bénéficié du statut de protection temporaire accordé à certains ressortissants camerounais avant de demander l’asile.
La possession d’une autorisation de travail et l’existence d’une demande d’asile en cours sont désormais au centre du différend entre les autorités fédérales et la défense de la chercheuse. Sa remise en liberté ne signifie donc pas nécessairement la fin de la procédure concernant son statut migratoire.
Une chercheuse respectée à Johns Hopkins
Fatima Ameaka travaille à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, l’une des institutions de santé publique les plus reconnues aux États-Unis. Titulaire d’un doctorat en pharmacie et formée en santé publique, elle participe notamment à des recherches visant à améliorer la réponse des autorités sanitaires face aux épidémies de maladies infectieuses, comme la rougeole.
Tom Inglesby, directeur du Center for Health Security de Johns Hopkins, l’a présentée comme une chercheuse talentueuse et une collègue très appréciée. L’université a déclaré être profondément préoccupée par son arrestation et a indiqué avoir travaillé pour lui fournir un soutien, notamment une assistance juridique.
Une collecte de fonds organisée par ses collègues afin de financer sa défense juridique avait rapidement recueilli plusieurs dizaines de milliers de dollars. Sa libération a été accueillie avec soulagement, même si ses proches restent préoccupés par la suite de la procédure.
Une politique renforcée dans les aéroports américains
L’arrestation de Fatima Ameaka intervient alors que les autorités américaines renforcent les contrôles migratoires dans les aéroports. Selon plusieurs médias américains, une coopération accrue entre la Transportation Security Administration, chargée de la sécurité dans les transports, et l’ICE permettrait aux agents de l’immigration d’identifier certains voyageurs soupçonnés d’avoir dépassé la durée de validité de leur visa.
Ces contrôles peuvent également concerner des personnes sans antécédents criminels, soupçonnées uniquement d’une infraction administrative liée à l’immigration. Cette politique suscite des critiques de la part d’associations de défense des libertés civiles et de responsables politiques, qui redoutent que les aéroports deviennent des lieux privilégiés d’arrestation des migrants.
L’affaire Fatima Ameaka relance ainsi le débat aux États-Unis sur le traitement des chercheurs étrangers, des demandeurs d’asile et des personnes disposant d’une autorisation de travail, mais dont le statut migratoire fait encore l’objet d’une procédure administrative.
Source principale : ABC News, article d’Armando Garcia et Laura Romero, actualisé le 1er août 2026.
Informations complémentaires recoupées auprès de : The Washington Post et CBS News Baltimore.